Pour une interview professionnelle, nous privilégions un micro adapté au contexte (canon pour l’extérieur, cravate pour un plan serré), placé au plus près de la source, avec un monitoring casque permanent et une vérification des niveaux avant et pendant la prise. Nous préparons toujours une bonnette anti-vent et une solution de secours, enregistreur autonome ou interface mobile, pour sécuriser chaque tournage.
En bref:
- Un microphone canon est recommandé en extérieur bruyant ou sur un plateau contrôlé pour isoler la voix du bruit ambiant.
- Un micro cravate est idéal pour les plans serrés ou les interviews face caméra, mais nécessite un bon placement pour éviter les bruits parasites.
- La distance optimale de placement d’un micro canon en environnement contrôlé se situe entre 2 et 4 pieds de la bouche de l’interviewé.
- La sauvegarde immédiate et systématique des fichiers, ainsi que la vérification des niveaux en amont, sont essentielles pour sécuriser la prise de son.
- En conditions difficiles, privilégiez un micro dynamique ou une bonnette poilée pour réduire le bruit de vent et le bruit ambiant.
Table des matières
- Quels micros et appareils apporter selon le contexte de l’interview
- Placement du micro : distance, angle et coordination avec la perche
- Gérer le bruit ambiant et le vent sur le terrain
- Chaîne d’enregistrement : niveaux, formats et sauvegarde des fichiers
- Solutions mobiles pour interviews improvisées ou en mobilité
- Comment nous préparons et sécurisons la prise de son d’une interview
- Checklist pré-tournage avant toute prise d’interview
- Ce que la plupart des guides oublient sur la prise de son d’interview
- Faire appel à Æterna Pictures pour votre prochaine interview professionnelle
- Questions fréquentes
- Sources
Quels micros et appareils apporter selon le contexte de l’interview
Le choix du microphone dépend presque entièrement de l’environnement de tournage. Un micro canon (shotgun) isole la voix et rejette les bruits latéraux grâce à sa directivité serrée, ce qui en fait l’outil de référence pour une interview en extérieur ou sur un plateau où plusieurs sources sonores se chevauchent. La directivité et le diagramme polaire d’un microphone déterminent sa capacité à capter la voix tout en écartant le bruit ambiant, un principe qui guide tout choix de matériel audio en tournage.
Le micro dynamique, plus robuste et moins sensible aux variations de niveau, convient aux interviews en conditions bruyantes ou lorsqu’on manque de contrôle sur l’environnement, par exemple sur un salon professionnel ou près d’une route. Il demande en revanche un placement plus rapproché que le shotgun.
Le micro cravate (lavalier) reste la solution privilégiée pour les plans serrés où la perche ne peut pas entrer dans le cadre, ou pour des formats d’interview assise où l’intervenant porte le micro durant toute la durée du tournage. Sa discrétion a un coût : un frottement contre un vêtement ou un mouvement de tête peut générer un bruit parasite difficile à corriger en postproduction.

Enfin, l’enregistreur portable complète utilement cette panoplie. Pour une interview en extérieur, un microphone canon avec bonnette anti-vent est souvent recommandé, mais un enregistreur autonome type Zoom H2n constitue une alternative pratique quand la logistique est réduite à son minimum.
Voici les situations concrètes où privilégier chaque solution :
- Extérieur bruyant (rue, événement, chantier) : micro canon avec bonnette poilée, ou enregistreur portable en solution de repli.
- Plateau calme et contrôlé : micro canon à la perche, pour une qualité et une proximité optimales.
- Interview face caméra en plan serré : micro cravate dissimulé sous le col ou le revers.
- Tournage en mobilité sans équipe son dédiée : enregistreur autonome ou micro connecté via interface mobile.
La liste d’accessoires qui accompagne ce matériel ne doit jamais être négligée : bonnette anti-vent, perche télescopique, câbles XLR de rechange, adaptateurs jack/XLR, batteries chargées et piles de secours, cartes mémoire formatées à l’avance. Un oubli sur l’un de ces éléments peut immobiliser toute une équipe de tournage.
Conseil de pro : Emportez toujours deux fois plus de batteries et de cartes mémoire que ce que vous estimez nécessaire, un tournage d’interview déborde presque toujours sur la durée prévue.
Placement du micro : distance, angle et coordination avec la perche
Le positionnement du microphone compte souvent plus que son modèle. Pour un micro canon utilisé en conditions contrôlées, une distance de 2 à 4 pieds de la bouche du sujet offre le meilleur compromis entre intelligibilité et rejet des bruits latéraux ; certains modèles longue portée peuvent fonctionner jusqu’à 9 pieds environ dans un environnement très maîtrisé, mais cette configuration reste l’exception plutôt que la règle pour une interview standard.
Pour une mise en œuvre fiable sur le terrain, nous suivons systématiquement ces étapes :
- Positionner le micro canon légèrement au-dessus du cadre, orienté vers la bouche, en maintenant la distance cible sans jamais entrer dans le champ de la caméra.
- Fixer le micro cravate sous le col, à environ 15-20 centimètres du menton, en évitant tout contact direct avec un tissu qui pourrait frotter pendant les mouvements.
- Tester le frottement des vêtements en demandant à l’intervenant de bouger la tête et les épaules avant de lancer l’enregistrement définitif.
- Coordonner avec le cadreur pour ajuster la position de la perche à chaque changement de plan, sans jamais obstruer la lumière ni apparaître dans le cadre.
- Vérifier l’angle d’incidence du micro : un angle trop ouvert capte davantage de réverbération ambiante, surtout dans une pièce non traitée acoustiquement.
Le perchman doit rester en communication visuelle constante avec le cadreur, car un déplacement de caméra non anticipé oblige à repositionner le micro en quelques secondes sans perturber l’intervenant. Cette coordination se travaille en amont, lors des essais caméra, plutôt que dans l’urgence du tournage.
Gérer le bruit ambiant et le vent sur le terrain
Le choix de l’emplacement de tournage conditionne une grande partie de la qualité sonore finale. Avant toute installation, nous repérons les sources de bruit prévisibles : climatisation, circulation, appareils électroniques, téléphones à proximité, et nous déplaçons l’interview dès que possible loin de ces nuisances plutôt que de compter sur un traitement en postproduction.
La protection contre le vent et les bruits de manipulation varie selon le type de bonnette utilisée :
- La bonnette mousse convient aux tournages en intérieur ou par vent très léger, elle atténue les plosives et les bruits de souffle proches.
- La bonnette poilée (type “blimp” ou “dead cat”) s’impose en extérieur dès qu’un vent même modéré est présent, car elle casse le flux d’air avant qu’il n’atteigne la capsule.
- Le pare-vent de perche, souvent combiné à une suspension anti-choc, limite les bruits de manipulation transmis par la perche elle-même.
L’activation du filtre passe-haut (HPF) directement sur le microphone ou sur l’enregistreur aide à atténuer les basses fréquences indésirables comme le bruit de vent résiduel, la climatisation ou les vibrations de sol. Lorsque l’environnement reste difficile malgré ces précautions, basculer vers un micro dynamique, moins sensible aux variations de niveau et aux bruits de fond, peut sauver une prise.
Le débruitage en postproduction a ses limites : il peut atténuer un bruit constant mais dégrade souvent la texture naturelle de la voix, surtout sur un bruit intermittent comme une sonnerie de téléphone ou un cliquetis d’appareil électronique. Les guides techniques de la BBC rappellent qu’il vaut mieux rapprocher le micro de la source et surveiller la prise en temps réel plutôt que de corriger après coup.
Chaîne d’enregistrement : niveaux, formats et sauvegarde des fichiers
Une chaîne audio fiable repose sur une suite de vérifications simples mais non négociables. Avant chaque prise, nous contrôlons le câblage XLR, le niveau d’entrée du préampli et l’absence de bruit de fond parasite sur la ligne.
Le réglage du gain doit laisser un headroom suffisant : viser un niveau moyen autour de -18 dB à -12 dB permet d’absorber les pics de voix sans jamais atteindre le clipping, qui rend un enregistrement définitivement inexploitable. Un enregistreur externe dédié, séparé de la caméra, offre généralement un contrôle plus fin sur ces paramètres qu’un micro branché directement sur l’appareil de prise de vues, comme le souligne notre page sur le tournage en interne où nous comparons les deux approches.
| Paramètre | Recommandation |
|---|---|
| Format audio | WAV audio format |
| Niveau moyen visé | entre -18 dB et -12 dB |
| Piste de secours | enregistrement parallèle à niveau plus bas |
| Nommage des fichiers | date, lieu, numéro de prise |
Les dossiers Project Cache et Project Locations de Pro Tools doivent être sauvegardés régulièrement, leur perte entraînant une perte de données parfois irrécupérable. Nous recommandons une sauvegarde à chaque fin de session, jamais en fin de journée de tournage seulement.
- Vérifiez le câblage et le niveau d’entrée avant chaque nouvelle prise.
- Enregistrez systématiquement une piste de secours à niveau plus bas.
- Sauvegardez les dossiers Project Cache et Project Locations sur deux supports distincts.
Solutions mobiles pour interviews improvisées ou en mobilité
Quand l’équipe son se réduit à une seule personne ou que le tournage s’organise dans l’urgence, deux options dominent. Le Zoom H2n fonctionne comme enregistreur autonome tout-en-un, pratique quand aucune console externe n’est disponible. L’association d’un micro externe avec une interface comme l’iRig Pre 2 branchée sur smartphone permet, elle, de conserver un contrôle de gain plus précis tout en restant extrêmement léger à transporter.
Dans les deux cas, certaines vérifications restent incontournables :
- Monitorer systématiquement au casque, même en configuration mobile, pour détecter tout défaut de liaison.
- Vérifier l’espace de stockage disponible avant le début de la prise, pas pendant.
- Confirmer la synchronisation audio/vidéo dès la première minute d’enregistrement, par un clap ou un repère sonore.
- Dupliquer immédiatement le fichier sur un second support dès la fin de la prise.
Ces solutions mobiles ne remplacent pas une chaîne XLR professionnelle pour un tournage institutionnel complet, mais elles sécurisent efficacement un reportage improvisé ou une captation en conditions dégradées.
Comment nous préparons et sécurisons la prise de son d’une interview
Sur chaque tournage d’interview, nous testons le matériel avant l’arrivée de l’intervenant : micro principal, micro de secours, niveaux et monitoring casque sont vérifiés une première fois à vide, puis une seconde fois une fois l’intervenant installé. Cette double vérification limite les mauvaises surprises au moment où la caméra tourne réellement.
Lors des tournages, les rôles techniques sont répartis entre les membres de l’équipe pour assurer l’ajustement de la position du microphone, la surveillance des niveaux et du monitoring, ainsi que la gestion de la synchronisation et des sauvegardes. Cette organisation, appliquée notamment lors de captations d’événements comme celle des commémorations du 11 novembre aux Herbiers, permet de sécuriser la prise même dans des conditions extérieures changeantes.
Le processus de sauvegarde suit un principe simple : double enregistrement systématique et copie sur deux supports distincts avant de quitter le lieu de tournage. Nos prestations de production audiovisuelle intègrent cette rigueur technique à chaque étape, du film corporate à la captation documentaire.

Checklist pré-tournage avant toute prise d’interview
Avant de lancer l’enregistrement, nous suivons toujours la même séquence de vérifications :
- Matériel principal : micro principal, micro de secours, bonnettes, perche, câbles XLR, adaptateurs, batteries chargées, cartes mémoire formatées.
- Tests techniques : monitoring casque fonctionnel, test d’enregistrement de 30 secondes, test de synchronisation audio/vidéo avec la caméra.
- Plan B : identification d’un point de repli si le lieu s’avère trop bruyant, micro de secours prêt à l’emploi, enregistreur autonome chargé en réserve.
Cette liste, imprimée et cochée sur place, évite l’improvisation au moment où l’intervenant est déjà installé face caméra.
Ce que la plupart des guides oublient sur la prise de son d’interview
La plupart des conseils techniques se concentrent sur le choix du microphone, comme si le modèle faisait toute la différence. En pratique, la distance et le monitoring pèsent souvent davantage que la référence du matériel : un micro milieu de gamme bien placé et surveillé au casque produit un résultat plus propre qu’un micro haut de gamme mal positionné.
L’autre angle mort concerne la sauvegarde. On insiste beaucoup sur la prise elle-même et très peu sur ce qui se passe après, alors qu’une session Pro Tools mal archivée peut annuler des heures de tournage. Nous considérons la rigueur de sauvegarde comme une compétence technique à part entière, au même niveau que le choix du micro.
Si nous devions donner une seule priorité à un technicien débutant, ce serait celle-ci : passez plus de temps à tester le monitoring et moins de temps à comparer des fiches techniques de microphones. Le matériel pardonne davantage d’erreurs que l’absence de contrôle en temps réel.
— Vianney
Faire appel à Æterna Pictures pour votre prochaine interview professionnelle
Appliquer cette méthode demande du matériel, du temps d’essai et une équipe rodée à la coordination son, caméra et perche, des ressources qu’une entreprise ou une institution n’a pas toujours en interne. Nous proposons un accompagnement complet, de la préparation technique jusqu’à la postproduction, pour les films corporate, captations d’événements, reportages et interviews professionnelles.
Notre équipe gère la chaîne audio de bout en bout, choix du micro, placement, monitoring et sauvegarde, pendant que vous vous concentrez sur le contenu de l’échange. Pour les structures disposant déjà d’une équipe technique mais manquant de matériel spécifique, notre offre de location de matériel audiovisuel donne accès à des micros, perches et pare-vent professionnels à la journée.
Pour discuter de votre projet d’interview ou de captation, consultez notre page services de production audiovisuelle ou contactez-nous directement via notre page d’accueil.
Questions fréquentes
C’est quoi une interview professionnelle en audiovisuel ?
Une interview professionnelle désigne un échange filmé et enregistré entre un intervieweur et un intervenant, destiné à être exploité dans un reportage, un documentaire ou un film corporate. Elle se distingue d’un échange informel par la préparation technique, le cadrage et la qualité de prise de son recherchée.
Comment réussir la prise de son d’une interview ?
La réussite repose sur le choix d’un micro adapté au contexte, un placement proche de la source, un monitoring casque constant et une sauvegarde immédiate des fichiers. Les guides techniques recommandent de rapprocher systématiquement le micro et de surveiller la prise en temps réel plutôt que de corriger en postproduction.
Quel est le tarif d’une interview vidéo professionnelle ?
Le tarif d’une interview vidéo dépend du contexte, du matériel mobilisé et de la durée du tournage, et varie fortement d’un prestataire à l’autre. Nous établissons un devis sur mesure pour chaque projet d’interview, accessible en détaillant votre besoin via notre page services.
Quel micro choisir entre un modèle cravate et un micro main ?
Le micro cravate convient aux plans serrés où la perche ne peut pas entrer dans le cadre, tandis que le micro main ou canon offre un meilleur contrôle de la directivité et du rejet de bruit en extérieur. Le choix dépend surtout du cadrage prévu et du niveau de bruit ambiant sur le lieu de tournage.
Quelle est la différence entre un micro canon et un micro dynamique pour une interview ?
Le micro canon capte la voix à distance grâce à sa directivité serrée qui rejette les bruits latéraux, idéal en extérieur ou sur plateau. Le micro dynamique, plus robuste, convient mieux aux environnements très bruyants mais demande un placement plus rapproché de la source.
Sources
- Recording location audio and dialogue – Sound – GCSE Moving Image Arts (CCEA) Revision – BBC Bitesize
- How To: Backup Pro Tools Project Files
- Les meilleurs micros pour une interview en extérieur – Blog RadioKing
- Microphone directionality and polar pattern basics – Shure


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